Faire les choses à sa manière : Cat Lebel, entrepreneur.e non-binaire et engagé.e

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MÉTIER : ENTREPRENEUR.E

Cat Lebel est l’entrepreneur.e derrière Shiatsu inclusif, qui propose des services sécuritaires et inclusifs, basés sur la conscience corporelle.

Cat se définit à l’extérieur des normes binaires du genre et de la sexualité. Iel a créé une entreprise à son image qui dessert une communauté majoritairement issue de la diversité sexuelle et de genre. 

Pourquoi l’entrepreneuriat?

Je pense que j’ai toujours eu la fibre entrepreneuriale. J’ai commencé comme prof de yoga à contrat pour plusieurs années. Je constatais, dans ma vie au quotidien qu’il y avait un manque de connaissance des enjeux LGBTQIA2+ dans plusieurs services, surtout en ce qui a trait aux thérapies corporelles, pour les personnes queer, trans et fluides dans le genre.

 

Par exemple, rarement les professionnel.les nous demandent nos pronoms, ou ont des approches axées envers l’attention aux traumas et l’importance du consentement.

 

Pour moi, le shiatsu est une façon de mettre ces principes en application, dans une approche holistique du toucher. De plus, cette thérapie manuelle s’effectue au sol et la personne demeure habillée, ce qui permet de travailler dans une perspective de reconnexion positive avec le corps à l’aide d’un mot de sécurité pour m’assurer du respect des limites de la personne-receveuse.

 

Le shiatsu est un excellent médium pour moi dans mon envie d’améliorer le bien-être des individus, en particulier des gens des communautés sexuelles et de genre. J’ai fait ma formation et j’ai lancé mon projet entrepreneurial.

 

Est-ce que l’inclusivité de genre définit ton modèle d’affaires?

J’ai un passé militant dans le milieu LGBTQIA2+ et j’ai un baccalauréat en développement social. J’ai d’ailleurs travaillé comme éducateurice à la sexualité auprès des jeunes queer. Je voulais faire rayonner mon identité queer dans mon chemin professionnel.

 

Mon expertise comprend, bien qu’elle ne s’y limite pas, le soutien des personnes LGBTQIA2+, personnes travailleuses du sexe, personnes vivant avec le VIH, survivant.es et personnes vivant avec des incapacités.

 

Je travaille à créer un « safer space » (car je ne peux jamais assurer la sécurité absolue) pour chacun des individus que je traite dans ma pratique.

 

Quels sont tes défis d’entrepreneur.e?

Au début il y avait l’aspect de la solitude. On se sent seul à prendre les décisions. Mais, avec la formation suivie à l’École des entrepreneurs du Québec, j’ai pu briser l’isolement et acquérir de nouvelles connaissances. J’ai aussi créé un groupe d’entraide de travailleur.es autonomes avec qui j’échange régulièrement.

Après un an, je peux dire aussi que l’instabilité financière est un défi. On ne sait jamais de quoi le prochain mois sera fait!

 

Mais Cat a plusieurs cordes à son arc. Iel enseigne notamment un cours de Sexualité et pratique professionnelle massothérapie inclus dans le cursus de formation pour les massothérapeutes. Il s’agit de réfléchir sur les enjeux relatifs à la sexualité qu’on peut rencontrer dans la pratique massothérapie.

 

Je suis aussi en train de travailler sur la co-animation d’un podcast qui s’appelle « On se touche » qui aborde les thérapies corporelles dans le prisme de la diversité. Cat travaille également sur un projet guide des pratiques inclusives destinées aux thérapeutes corporels.

 

Qu’est-ce qui te motive à continuer?

Je suis vraiment fier d’avoir réussi à assembler mes intérêts, mon expérience et mon identité dans un projet d’affaires cohérent. Je suis fier d’accompagner les gens vers un mieux-être, de leur donner un service personnalisé, unique.

 

Je sais que dans mon parcours identitaire, je suis privilégiée. J’en profite pour montrer un côté positif de notre communauté. J’aime éduquer, expliquer, sensibiliser. J’ai la patience et l’énergie pour travailler toujours à favoriser l’inclusivité.

 

 

Cat Lebel a suivi le parcours Un pas vers l’avenir de l’initiative de Soutien aux femmes entrepreneurs à l’École des entrepreneurs du Québec.